Bientôt le 12 août!

3 août 2015 à 3:19 | Publié dans Bla bla bla, Mon travail | Laisser un commentaire

11695771_10153335586905910_8167786731121986783_n

Si vous suivez déjà ma page Facebook, je vous ai abondamment parlé de ma journée préférée d’entre toutes depuis l’an dernier: le 12 août!

Petit rappel pour situer ceux qui ne comprennent pas en quoi cette date est exceptionnelle : Le 12 août 2014, grâce à deux auteurs québécois (Patrice Cazeault et Amélie Dubé), fut une journée bien festive pour le milieu du livre d’ici. Pourquoi? Parce que ces auteurs ont eu l’idée géniale d’inviter les lecteurs de partout à acheter un (ou plusieurs, parce que, franchement, en acheter juste un, c’est un admirable tour de force!) livre québécois. C’est simple, non? Et l’an dernier, ça a franchement bien fonctionné; les fans de la page Facebook ayant grimpé jusqu’à 10 000 et les ventes ayant bondi comme Bambi et Skippy réunis!

Cette année, on remet ça! Et essaie de trouver une bonne raison de ne pas embarquer, voir?

– J’ai pas une cenne!
Oui, je te comprends, des gens plus raisonnables que moi pourraient préférer payer une douzaine d’œufs qu’une douzaine d’albums québécois. Mais… l’usagé, techniquement, ça fonctionne aussi!
– Mais usagé, Émilie, ça aide pas trop trop les auteurs…
Non… et oui. Mettons que tu achètes mon livre à 1,25$ dans une librairie usagée et que tu le trouves vraiment excellent, tu vas en parler à ton cousin riche. Et le jour où tu gagneras le million à la loto, tu pourrais penser à acheter mon oeuvre complète (et en double, pour en offrir à ta tante Thérèse qui aime donc ça, lire!). Bref, le 12 août sert aussi à faire connaître la littérature d’ici!

– J’aurai pas le temps de passer à la librairie, ce jour-là!
Encore une fois, c’est une excuse valable. En fait, c’en serait une s’il n’existait pas mille autres alternatives. Parmi celles-ci: le Jean-Coutu, en t’achetant du papier de toilette (parce que contre une pénurie de papier hygiénique, ton horaire chargé ne peut rien!) et encore mieux: leslibraires.ca. Deux clics et c’est réglé pendant ta pause café!

– Je ne sais pas trop quoi acheter…
Ces jours-ci, le site leslibraires.ca et toutes les pages des librairies proposent leurs coups de cœur québécois. Vous pouvez aussi vous fier aux prix et concours, comme le Prix des libraires, le combat des livres de Radio-Canada, la sélection de Communication jeunesse, etc. Les libraires sauront aussi à coup sûr mettre de l’avant des romans, albums et bd pour tous les goûts le 12 août venu. Mon conseil: ose et vas-y à l’odeur s’il le faut! L’an dernier, j’avais fouillé, fait des choix d’avance. Puis j’ai acheté un roman sur un coup de tête, parce que la couverture était jolie. Eh bien c’est celui que j’ai préféré parmi mes nombreuses prises de la journée!

– J’aime pas ben ben ça, les livres d’ici.
Oui oui, je vous jure, certains trouvent que c’est une bonne excuse! Eh bien l’ami, tente l’expérience suivante: vas voir un libraire, parle-lui de tes lectures du polar hongrois et de la BD cambodgienne que tu viens de dévorer. Il te sortira en moins de deux un équivalant québécois. En mieux! Parce que je te le dis, il se fait de l’INCOMPARABLE, ici, BON!

– Je vais être avec mes enfants…
Yéééé! Alors amène-les à la librairie Pantoute (basse-ville le matin, haute-ville l’après-midi)! J’y serai pour faire de l’animation (oui, tu me vois venir, c’est vraiment juste une raison pour parler de pets en public…)!

Alors le 12 août, on se croise où?

Une nouvelle histoire!

16 juin 2014 à 11:19 | Publié dans Bla bla bla | Laisser un commentaire

Je vous invite à aller lire l’histoire pleine de magie et de musique écrite par la jeune et talentueuse Maude sur la page « vos créations »!

 

À vous, de moi!

24 décembre 2013 à 5:03 | Publié dans Bla bla bla | Laisser un commentaire

D’accord, je l’avoue, je suis beaucoup plus active sur ma page Facebook qu’ici et je m’en excuse bien bas. Pour remédier à la situation, je vous laisse ici l’intégral du conte de l’Avent auquel ont eu droit les fans de ma page. C’était un conte dont ils étaient le héros! Alors s’il y a des bouts étranges par-ci, par-là… c’est leur faute!

En ce premier jour de décembre 1990 (oui les enfants, ça se déroule dans l’ancien temps! Mouahaha!), le petit Étienne avait une demande bien spéciale à faire au père Noël… C’est ce que constata sa mère en jetant un coup d’oeil sur la feuille blanche que son fils remplissait peu à peu de son écriture maladroite. « Cher père Noël. Comme tu le sais probablement (puisque tu sais TOUT), mes parents sont végétariens. Je n’ai donc JAMAIS goûté à une dinde de ma vie. Cette année, pour Noël, je veux donc une dinde. » La maman d’Étienne fut un brin décontenancée par cette demande particulière. Après tout, sa fausse dinde au tofu était siiii délicieuse (personnellement, je n’ai rien contre le tofu, mais il faut savoir que la mère d’Étienne était une horriiiiible cuisinière…). Elle fit remarquer:
– Mon chaton… Si le père Noël t’apporte une dinde, il y a de bonnes chances qu’elle ne soit plus trop comestible après avoir fait le tour de la planète!
Étienne réfléchit un moment.

Vu l’échec de sa première tentative de goûter à la dinde cette année, Étienne décida de se tourner vers son père. Pour une fois, le papa du garçon ne commença pas sa phrase par: « demande à ta mère ». Il lui dit plutôt: « mon gars, si tu trouves une recette et une dinde, je vais la cuisine juste pour toi. » Wow! Les espérances du garçon n’avaient jamais atteints de tels sommets! Mais comment trouver une recette de dinde à une époque où Google ne rappelait que le son de quelqu’un qui tousse étrangement et que l’unique Ricardo du coin était le coiffeur de la 3ème avenue ?

Étienne, toujours déterminé à manger sa dinde au réveillon, courut chez sa tante Ginette. En chemin, il croisa la jolie Caroline, sa voisine, qu’il osa saluer de la main, en rougissant derrière son passe-montagne fluo. Puis il arriva chez Ginelle, laquelle l’accueillit vêtue de sa robe à pois rose, armée de ses lunettes marbrées et de ses becs en pincettes. « Mon Étienne! Poussin poilu chéri! Qu’est-ce que je peux faire pour toi! Une recette de dinde? Ça tombe bien, j’ai la meilleure des meilleures! » Étienne, pas plus fou qu’un autre, demanda alors : »Tant qu’à faire, tu ne pourrais pas me la cuisiner? » « Je vais être partie pour la FLORIDAAAAA! » Hurla-t-elle en dansant – allez savoir pourquoi – la samba! Toujours en se dandinant, elle fouilla dans son armoire, celle où elle cachait toutes les gogosses de TV achat, puis en sortit une feuille jaunie, chiffonnée et… illisible. Étienne, trop gêne pour avouer qu’il n’arrivait pas à déchiffrer l’écriture de Ginette, repartit. Il se trouvait à quelques mètres de chez lui quand tout à coup, une énorme boule de neige le happa.

Comme le décidèrent les maîtres du destin d’Étienne (c’est vous, ça), le jeune homme répliqua à son assaillant en fabriquant une boule bien ronde et bien dure. Mais le vilain lanceur était hors de vue et Étienne dut se résigner à envoyer son projectile vers le banc de neige des Desjardins, là d’où, croyait-il, la motte avait été lancée. La suite se déroula au ralentit avec, comme trame sonore, les premières notes de Charriot of Fire. Étienne vit un nouveau boulet de neige sortir de nulle part et se diriger tout droit vers… Caroline, sa jolie voisine! La victime innocente n’avait rien remarqué, l’impact n’en serait que plus grand si la boule atteignait sa cible. Le chevalier Étienne ne fit alors ni une, ni deux. Il sauta dans les airs afin d’agir comme bouclier devant la belle. Puis il retomba lourdement au sol. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il aperçut…

Alors qu’il gisait sur l’asphalte gelée (je me sens mélodramatique ce midi…), Étienne ouvrit les yeux pour voir l’habit de neige rose de la belle Caroline. Elle soupira, puis rentra chez lui, le coeur lourd. Pour oublier sa peine, il concentra de nouveau son esprit sur sa mission. Il devait parvenir à déchiffrer la recette de tante Ginette… « Aussi bien trouver une recette en hiéroglyphes… » se dit-il. Un peu découragé, il alluma la télé, puis zappa jusqu’à tomber sur… l’émission des Taillefer, qui cuisinaient ce jour-là…

Alors que Marie-Josée et Claudette expliquaient combien de temps laisser mijoter le ragoût pour que leurs hommes se régalent, dans la tête d’Étienne se dessinait un nouveau plan. Il trouverait la mère et la fille Taillefer pour qu’elles lui enseignent les rudiments de la cuisson d’une dinde. Non, les enfants, Étienne ne pouvait pas simplement leur envoyer un courriel et encore moins un MP sur FB! Encore en 1990, la débrouillardise était de mise en matière de communication! Là, les amis, je sens que vous allez avoir un peu de difficulté à avaler la suite, mais… euh… c’est bien votre problème, parce que c’est exactement comme ça que ça s’est passé, bon! Étienne se rendit dans sa cour arrière, armé de bûches, d’allumettes et d’une tranche de pain. En bon scout, il alluma un feu en moins de deux et y déposa la tranche de pain, qui s’enflamma. Comme il l’avait présagé, les Taillefer, superhéroïne culinaire à la rescousse des bonnes ménagères, ne pouvaient qu’accourir quand leurs narines captaient une odeur d’aliment cramé. En moins de deux, Étienne eut en main une recette infaillible de dinde juteuse et l’endroit où la volaille congelée était la moins chère (Marie-Josée préparait déjà sa future carrière d’animatrice de l’Épicerie). Mais c’est alors qu’Étienne se rendit compte à quel point la dinde était dispendieuse! Il n’avait pas les moyens de s’en procurer une!

Notre jeune héros chercha longuement un bon moyen de gagner rapidement des sous. Poker? Bof. Campagne de financement via un site web? N’existe pas. Stand de limonade? BINGO! Étienne fouilla dans le congélo, y dénicha une canne de Minute Maid (non, Elvis Stojko, pas à l’orange) limonade rose, qu’il dilua avec un peu de jus oasis. Il enfila ses combines, parce qu’il faisait frette en tabarouette ce jour-là (non, le fait que personne ne puisse désirer de limonade toute fraaaaaîche en plein mois de décembre ne lui traversa pas l’esprit une seule seconde) et installa une petite table bancale sur le trottoir gelé. Les passants passaient, mais ne s’arrêtaient guère. Au moment où Étienne était sur le point d’abandonner, un monsieur à la silhouette de bonhomme Pillsbury lui demanda: « Pourquoi tu vends de la limonade? » « Pour acheter une dinde pour le réveillon ». Sur le visage de l’homme se dessina ce genre de sourire que seuls les petits hasards de la vie peuvent tracer. « C’est drôle, j’élève des dindes! Viens me voir demain et on verra ce qu’on peut faire ».

Le lendemain après l’école, le père d’Étienne accepta de l’accompagner chez l’éleveur de dindes. Un éleveur bio comme il ne s’en faisait que bien peu à l’époque! Dans la cour, l’auberge à dindes et leur complexe sportif, les volailles se pavanaient joyeusement. L’homme pillsburyen leur fit visiter tout le palace, leur présentant ses bêtes à plumes, de Gisèle à Monique, enpassant par Jeanine. Puis il proposa: « Étienne, tu peux prendre la dinde que tu veux! » Choisir sa propre dinde? Euh… Étienne n’était pas trop certain d’aimer l’idée de choisir sa victime, Barbella ou Thérèse… Elles avaient l’air toutes si sympathiques! Il aurait bien préféré en rapporter une déjà congelé en tentant de s’imaginer que, de toute façon, celle-là était méchante avec ses copines, très vieille et un peu malade… Étienne et son papa (qui cachait bien mal un petit sourire en coin) retournèrent donc à la maison, sans volaille.

En arrivant chez lui, Étienne fut soudain pris de remords. Toutes ces petites dindes siiii sympathiques… Il retourna donc chez l’éleveur sans en glisser mot à son paternel (le coquin). Après une bonne heure de marche (pieds nus dans 8 pieds de neige, diraient nos ancêtres…), il atteignit son but. Il se cacha derrière un buisson enneigé, jusqu’à ce que monsieur Pillsbury soit hors de vue… puis il se faufila dans le complexe sportif des dindes. Près du tapis roulant à volailles se tenait la plus mignonne de toutes les dindes de la galaxie, la petite Henriette, coquette comme pas une. Étienne jeta un coup d’œil à droite, puis à gauche: personne en vue. Il saisit Henriette qui se laissa mystérieusement faire, peut-être plus consciente qu’on pourrait le croire du triste sort qu’attendait ses consœurs. La coquette dinde sous le bras, il rentra chez lui. À un certain moment, il déposa Henriette, qui le suivit comme l’aurait fait un chien perdu dans un film de Noël. Une fois chez lui, il cacha Henriette…

Étienne entra chez lui subtilement, Henriette sous le bras. Un vrai ninja. Le jeune homme n’aurait pas bien saisi ma comparaison, puisque sa seule référence de ninja référait à des tortues pas si subtiles… Tout ça pour dire qu’Etienne se faufila jusque dans son sous-sol, près du chauffe-eau, puis il installa un petit nid douillet pour sa belle dinde. Il remonta à la cuisine, un petit arrière-goût de la-magie-de-Noël-vient-donc-bien-de-me-faire-faire-un-beau-geste sur la langue. Il s’installa à la table de la cuisine, son manuel de mathématiques ouvert à côté d’un verre de lait et d’un biscuit aux pépites de chocolat Mr Christie (à l’époque, ils étaient beeeeaucoup plus gros qu’à aujourd’hui et un suffisait…). Soudain, une envie pressante le catapulta au petit coin. À son retour… PAPAPAAAAAA (musique dramatique) le biscuit avait disparu!

Étienne accusa aussitôt son papa de la disparition de son biscuit aux pépites de chocolat. Mais… en y réfléchissant bien… s’il avait engouffré la pâtisserie d’un coup, il ne serait incapable de siffloter cet air si festif!! PA PAAAAAAN (nouvelle musique dramatique)! En retournant sur les lieux du crime, il remarqua quelques miettes, près de son siège. Il suivit la trace des grenailles, pour tomber sur… SON BISCUIT! Ah! Il était simplement tombé et avait roulé quelques centimètres plus loin. Du moins, c’est ce qu’Étienne crut à cet instant. Il croqua sa collation (un peu de vitamine crounch n’a jamais tué personne…) et replongea dans son devoirs. MAIS étrange… la page était manquante! QUe se passait-il donc dans cette maison!

Le papa d’Étienne n’avait certes pas mangé le biscuit, mais comment aurait-il pu résister à cette belle page de cahier de mathématiques bien fraîche? « Papa? As-tu dévoré mon devoir? », s’informa candidement le jeune homme à son paternel. « Oui, mais juste un petit coin! (vous ne l’aviez pas vue venir, celle-là, hein?) Que veux-tu, fils, je suis incapable de résister à une bonne table de multiplications! » Un petit coin… un petit coin… vraiment, Étienne trouvait que son père avait le « petit coin » pas mal large, mais, comme il acceptait de lui écrire une note à l’intention de sa maîtresse, il rangea le reste de son manuel dans son sac, l’esprit tranquille. Il monta alors à sa chambre, où il trouva…

Comme la communauté facebookienne (la QUOI? dirait Étienne) ne réussit pas à se brancher, le jeune homme découvrit en entrant dans sa chambre… son oreiller éventré ET une construction en Lego à mi-chemin entre le Colisée de Québec (le vieux, bien sûr!) et une grange post-moderne. Son papa n’avait quand même pas pu se rendre jusque là! Sa mère? Peu probable… Il souleva doucement l’immense amphipoulaillé miniature (!?!) pour y découvrir… SA DINDE HENRIETTE, assise sur le nid de plume qu’elle s’était fabriqué. C’est vrai que dans le sous-sol, la pauvre devait être bien inconfortable… Étienne l’installa donc dans son garde-robe, entre ses vieux souliers et ses boîtes de casse-têtes incomplets. La belle Henriette la remercia d’un mouvement de tête attendrissant.

Étienne se retourna pour comprendre que la belle Caroline ne le saluait pas lui, mais plutôt son amie Sandra qui le suivait de quelques pas. Heureux de trouver Sandra derrière lui plutôt que Jean-Antoine qui faisait baver toutes les filles, Étienne poursuivit sa route jusqu’à l’école. En arrivant en classe, il remit le petit mot d’excuse qu’avait écrit son père. Malheureusement, son enseignante ne parvient pas à croire qu’un homme mature ait pu avaler une page du cahier de son fils. Pff! Elle ne connaissait définitivement rien à rien, celle-là! Étienne se retrouva donc avec un devoir supplémentaire terriblement looooong pour le soir même. Le reste de l’avant-midi ne se déroula pas non plus comme il l’aurait voulu. Dès qu’il quittait son pupitre pour aller boire une gorgée d’eau à la fontaine ou pour taille son crayon, quelque chose d’étrange se produisait du côté de son siège… Son pupitre se mettait à bouger tout seul comme s’il était… Ensorcelé! Croyant à une mauvaise blague, son enseignante l’envoya réfléchir dans le local dédié aux pires brutes de l’école.

Étienne, la tête basse et le cœur lourd, se dirigea vers son pupitre pour y récupérer des crayons et un cahier pour aller travailler avec les brutes. Jamais il n’avait été envoyé dans cet endroit dont on parlait sans cesse avec un tremblement dans la voix… Il ouvrit son pupitre et comprit alors pourquoi celui-ci dansait un rigodon chaque fois qu’il s’éloignait: Henriette en était prisonnière!
« Mais qu’est-ce que tu fais là, grosse dinde? », lui demanda Étienne, heureux d’avoir percé le mystère. L’enseignante, les sourcils froncés, revint sur sa décision. Le garçon n’aurait pas à se rendre au local des brutes… mais sa dinde y serait attachée jusqu’à la fin de la journée!

Lorsque la dernière cloche de la journée sonna, Étienne se rendit récupérer sa dinde. Il avait une de ces peurs que les brutes de l’école aient déplumé sa pauvre volaille… ou pire encore! Lorsqu’il ouvrit la porte de ce local maudit, il comprit que son animal de compagnie savait bien se défendre. Jimmy-le-baveux, Max-le-cogneur et Jennifer-la-peste étaient tous grimpés sur leur chaise, morts de frousse devant le bec menaçant d’Henriette. Étienne sut alors que jamais au grand jamais il n’aurait de problème à nouveau avec ces trois voyous!

Une fois chez lui, il tenta d’enfermer Henriette. Il l’aimait bien, sa dinde, mais quand même, elle commençait à lui causer bien des soucis! Il lui construisit donc une petite cage douillette dans le garage. Alors qu’il fermait la petite cage douillette d’Henriette cachée dans le garage, les deux parents d’Etienne y entrèrent en même temps, des cadeaux plein les bras. Toute la famille resta muette de surprise un instant, puis tous se mirent à parler en même temps. Étienne bafouillait des explications floues, son père grondait son désaccord de loger une dinde sous son toit, alors que sa mère s’extasiait devant la beauté de l’animal à plumes… jusqu’à ce que celle-ci se rue sur la maman d’Etienne et lui vole l’un des cadeaux qu’elle tenait: la superbe console de jeux dernier cri (un Nintendo, je présume, en 1990… M’enfin…) et détruise l’appareil en quatre coups de son puissant bec.

Incapable de supporter les bêtises de sa stupide dinde Henriette plus longtemps, Étienne décida qu’elle serait beaucoup plus utile dans le four, puis dans sa bouche pour finir dans son estomac (enfin… On sait que ce n’est pas exactement la fin, mais je ne m’étendrai pas plus longtemps sur ces détails digestifs). Le papa d’Etienne tendit sa hache au garçon et, à la seconde où le jeune homme s’apprêtait à abattre l’arme sur sa victime, sa mère s’interposa. « NOOOON! Elle est trop joliiiiiie! » Ensemble, la famille décida de construire un véritable abri aussi magnifique que confortable (chauffé et tout et tout) pour leur animal de compagnie, pour qu’elle ne fasse plus de bêtises. Mais quand même, Cette histoire avait redonné envie à Étienne de goûter une toute petite bouchée de cette viande juteuse…

Étienne, un tantinet moins solidaire à la cause dindère (ou dindienne, je ne sais trop), se rua à l’épicerie du coin, dans le but clair et précis de se voler une volaille congelée. Au rayon du surgelé, il se rappela qu’une dinde, c’est gros en joualvert! Il aperçut alors la petite caille juste à côté, qui, ma foi, pouvait se faufiler avec grâce et subtilité sous sa tuque. Il la glissa donc sous son chapeau en passant tout à fait inaperçu. Il traversa le rayon des cannes en sifflotant, l’air de rien. Mais Étienne, dans toute son innocence, ne savait pas encore qu’on a toujours l’air de quelque chose, quand on sifflote l’air de rien. Il attira alors l’attention de…

Derrière Étienne, une voix s’exclama:
– Étienne? Elle est donc bien bizarre, ta tuque!
Il se retourna pour se retrouver devant la belle Caroline. Honteux, il ne savait que répondre. D’ailleurs, il n’avait aucune envie de lui mentir. Il retira donc lentement son couvre-chef.
– Tu veux… voler ? chuchota-t-elle médusée.
Et là, devant les cannes de bébés maïs, il lui raconta cette envie de manger de la dinde, qui le dévorait plus que jamais. Il n’était jamais parvenu à dire autant de mots à cette trop belle voisine et il avait une peur terrible qu’elle le trouve étrange ou simplement idiot. Mais elle l’écouta jusqu’au bout, puis déclara:
– Je vais t’aider. Tu m’as sauvé d’une boule de neige l’autre jour, je te dois bien ça!

Caroline proposa alors:
– Je vais faire diversion, sors vite!
Elle se dirigea vers l’étalage de bouteilles d’huile, et en laissa tomber une, qui éclata au sol. Elle prit son air mi-désolé, mi-confus devant les commis accourus pour nettoyer le dégât. Étienne poursuivit son chemin, cette fois-ci, sans siffloter (un gars a sa leçon…). Il ne pouvait tout de même pas s’empêcher de jeter un coup d’oeil derrière son épaule de temps à autre. Et c’est au moment d’un de ces subtils moments qu’il entra en collision avec monsieur Boucher le boucher! Ce dernier l’attrapa par le couvre-chef, dévoilant ainsi son crime. Une fois de plus, il dut expliquer pourquoi il commettait ce méfait. Monsieur Boucher, carnivore convaincu, eu pitié du petit végétarien et promit de faire comme si rien ne s’était produit. Mais tout de même, il replaça la caille au comptoir des viandes…
Caroline, bien désolée que le plan ait échoué, proposa à Étienne un nouveau plan. Elle n’avait encore rien en tête, mais ils trouveraient bien!

Étienne et Caroline retournèrent vers leurs demeures, en espérant trouver une solution au grave problème du garçon. Mais le réveillons était le lendemain et cela ne leur donnait plus beaucoup de temps…

Devant leurs maisons, les mamans s’impatientaient. « Caroline! Rentre vite! Il faut terminer les biscuits au pain d’épices! » « Étienne! Viens m’aider à terminer les galettes pour mamie! » Caroline envoya la main à son fan numéro un en lui promettant de ne pas l’oublier. Durant toute la journée, Étienne soupira amoureusement en songeant à l’image de sa belle voisine, se retournant une dernière fois avant de disparaître derrière sa porte. Il se confia à Henriette, qui caqueta d’indifférence. Le lendemain, 24 décembre, toujours aucune nouvelle de Caroline. Elle l’avait sûrement oublié… Il accueillit la visite en feignant une joie relative. Il ouvrit ses cadeaux en tentant de démontrer une certaine gratitude. Mais son coeur était plus triste que jamais.

À l’heure de se mettre à table, il dut se cacher pour verser une larme à la vue de son tofu recouvert d’une sauce brune épaisse. Soudain, on frappa à la porte. Son père alla ouvrir. « Étienne! C’est pour toi! » Était-ce le père Noël? (Qui est-ce que j’essaie de berner, là! Vous savez bien, qui c’était!) Il se précipita vers… Caroline, qui tenait à la main, une assiette pleine de dinde! Le père d’Étienne invita la voisine à se joindre à eux quelques secondes. Elle accepta poliment et rejoignit les convives à la salle à manger. Alors qu’Étienne allait goûter pour la première fois à la dinde tant désirée, Caroline, elle, se risquait à engloutir une bouchée de tofu.

Étienne approcha solennellement la volaille bien cuite de sa bouche et la glissa doucement entre ses dents… avant de la recracher précipitamment! Le goût lui déplu totalement! À ses côtés, Caroline, pour sa part, se régalait! Jamais elle n’aurait pu croire que ce truc légèrement caoutchouteux puisse être aussi succulent!

24 décembre 2013, Caroline et Étienne préparent les victuailles qu’ils serviront au réveillon: de succulents plats végétariens, cuisinés avec soin et amour, pour leurs parents… et leurs 3 enfants!

Joyeux temps des fêtes !

23 décembre 2012 à 6:34 | Publié dans Bla bla bla | Laisser un commentaire

Je ne vous apprends rien: Noël, c’est dans pas beaucoup de Passe-Partout. Je vous vois déjà, si beaux dans le reflet des boules du sapin, avec vos sourires d’annonce de yogourt et votre regard qui s’exclame ! Je l’imagine sans peine, l’odeur de la saladedepatate, des titsandwichespasdecroûtes, de ce punch qui fera rater un pas à la matantechampionnedessetscarrés. J’entends celle-ci blâmer le petit cousin surexcité, à cheval sur son engindel’espacemultimultifonctions. Ce sera plein de bonheur sucré et de joie un tantinet grasse.

Je profite de ces quelques instants de calme avant le tourbillon festif pour vous souhaiter un merveilleux temps des fêtes rempli de rires qui éclatent et qui chantent, de chocolat, de temps pour paresser, rêver, aimer.

Joyeux Noël à vous et à tous ceux que vous aimez !

Être de son époque

4 octobre 2011 à 8:28 | Publié dans Bla bla bla, Mon travail | Laisser un commentaire

Je ne suis pas de la génération qui a de la difficulté à mettre en marche un ordinateur, mais j’ai vécu le quotidien sans Internet… 

Je ne fais pas partie de ceux qui ont écouté le son granuleux du gramophone, mais j’ai maintes fois glissé des cassettes dans mon walkman jaune et même posé des vinyles sur la table tournante familiale…

Je suis née bien après l’invention de la télévision, pourtant j’ai connu la « joie » de me lever pour changer de poste en tournant la petite roulette…

Je sais que mes enfants vont bien vite m’en montrer en ce qui a trait à la technologie, mais je sais tout de même être de mon époque…
C’est pourquoi j’ai maintenant ma PAGE FACEBOOK ! Vous pouvez donc devenir fan de Émilie Rivard, Auteure jeunesse sur ce populaire réseau social ! Je vous y attends !

Un p’tit tour au salon ?

10 novembre 2010 à 5:46 | Publié dans Bla bla bla, Mon travail | Laisser un commentaire

Du 17 au 22 novembre prochain se tiendra le Salon du livre de Montréal. C’est encore une fois l’occasion parfaite pour faire de belles découvertes littéraires, de rencontrer vos auteurs favorits et… venir me dire bonjour ! Je serai au stand de Bayard (266) le samedi 20 de 11h à 12h ainsi que le dimanche 21 de 16h à 17h, et je vous attendrai au stand de Boomerang (11) le samedi de 12h30 à 14h et le dimanche de 11h à 13h en trèèès bonne compagnie !

Noël approchant à grands pas, pourquoi ne pas profiter du salon pour dénicher quelques cadeaux ? Quoi qu’on en dise, un livre, ça fait toujours plaisir. Il suffit de trouver la bonne lecture pour la bonne personne. Et, de grâce, pensez aux livres QUÉBÉCOIS ! Les créateurs d’ici sont tout aussi nombreux que talentueux !

http://www.salondulivredemontreal.com/

Mieux vaut tard…

21 juillet 2010 à 7:58 | Publié dans Bla bla bla, Mon travail | Laisser un commentaire

Bon, mieux vaut tard que jamais, je prends quelques minutes ce soir pour vous écrire quelques mots.

Pourquoi ai-je pris tant de temps avant de sortir ma plume ? Voici quelques raisons en vrac, à vous de choisir celle(s) qui vous inspire(nt) !
1) Mes chats « informatovores » avaient dévoré mon ordinateur. Quand ils en ont eu fini avec la pauvre machine, il ne restait qu’une touche Ctrl, seule sur le plancher, perdue entre quelques miettes de biscuit et un dégât de crème solaire.
2) La canicule qui s’est abattue récemment sur la province a fait fondre une partie de mon cerveau, celle liée au language. Étrangement, je pouvais parler anglais, roumain, mandarin et danois, mais pas français. J’aurais pu vous écrire une chronique en danois par contre…
3) J’étais malheureusement trop occupée à écrire une série fantastico-romantico-humoristico-historique en 12 tomes de 4212 pages chacun. En gros, ça raconte l’histoire d’un gars qui est à la fois dans le passé et le futur. Il possède le pouvoir d’enlever et de replacer son gros orteil à sa guise, ce qui est fort pratique dans les cas de… quand… en fait, jamais. Il rencontre une fille, qui elle peut cacher des crayons crayola (seulement de cette marque, j’ai été commanditée…) dans son nombril. Ils se marient, ont trois enfants, les oublient dans trois époques différentes. À la fin, le personnage principal meurt. Ça donne le goût de lire la série, non ? Ce sera certainement traduit en anglais, en danois, en roumain et en mandarin.
4) Deux mots: fourchette et asphalte. Concoctez-vous une histoire avec ça !
5) J’ai perdu la notion du temps, trop occupée à travailler sur deux prochains BiblioRomance (dont l’un sortira bientôt… à suivre !), les dernières retouches de la future série de monstres et par quelques autres textes qui resteront à jamais dans mon tiroir ou qui sortiront un jour sur les tablettes d’une librairie près de chez vous !

Voilà !

À bientôt !

Passez au salon !

8 avril 2010 à 8:26 | Publié dans Bla bla bla | Laisser un commentaire

Je serai au salon international du livre de Québec samedi le 10 avril de 14h à 16h et dimanche le 11 avril de 9h à 11h au stand 302. Il me fera un très grand plaisir de vous y rencontrer !

Commencer par le commencement…

5 janvier 2010 à 1:31 | Publié dans Bla bla bla | Laisser un commentaire
Bienvenue sur mon blog chers visiteurs ! Bientôt, vous pourrez y retrouver de l’information sur mes romans jeunesses, sur mon métier, sur moi… et des réponses à vos questions. À bientôt !

Propulsé par WordPress.com.
Entries et commentaires feeds.